Transformer le biogaz en biométhane : quand est-ce rentable ?
Pour une centrale qui ne bénéficie plus des aides à la production d'électricité, passer au biométhane signifie raffiner le gaz jusqu'à ce qu'il atteigne la qualité requise pour le réseau et l'injecter dans celui-ci, au lieu de le brûler pour produire de l'électricité. C'est souvent l'option qui permet de continuer à générer des revenus après la fin du dispositif d'aide, mais il s'agit d'une décision majeure : la reconversion complète se chiffre en millions et la phase d'admission au dispositif d'aide PNRR s'est achevée en juin 2026. Ceux qui disposent d’un accord de concession réalisent désormais leur installation dans les délais impartis ; ceux qui n’en ont pas évaluent la conversion en fonction des fondamentaux. Cela ne convient pas à toutes les installations : l’éligibilité prime, puis viennent les calculs financiers.
Les points clés de la conversion
Une fois l'éligibilité de principe établie, la rentabilité dépend de quelques points clés, que nous analysons à partir des chiffres réels de l'installation.
Mise à niveau et mise en service
À la digestion anaérobie s'ajoute l'unité de valorisation, qui élimine le CO₂ et les impuretés et amène le gaz à la qualité requise pour le réseau. L'unité de valorisation à elle seule coûte entre 1 et 2,5 millions d'euros, tandis que la reconversion complète d'une installation agricole se chiffre en millions. C'est l'investissement que le retour sur investissement doit justifier. Le montant dépend de l'échelle et de la configuration de l'installation de départ.
Raccordement au réseau de gaz
La distance par rapport au point d'injection et le coût du raccordement ont une incidence directe sur la faisabilité du projet et doivent être vérifiés en priorité. Avec la nouvelle réglementation de l'ARERA, une partie des coûts de raccordement reste à la charge du producteur. C'est la variable qui, le plus souvent, rend marginal un projet par ailleurs solide ; elle doit donc être vérifiée avant de passer aux calculs détaillés.
Aide financière au titre du PNRR
Cette aide est gérée par le GSE sous forme de subvention : une contribution en capital sur les dépenses éligibles, dans la limite de plafonds fixés, à laquelle s'ajoute un tarif sur l'énergie injectée pendant quinze ans. La phase d'admission s'est achevée en juin 2026 et aucune nouvelle période d'admission n'a été annoncée : les titulaires d'un accord de concession continuent de bénéficier de cette aide en respectant ses conditions. Les résidus relèvent de la catégorie du biométhane avancé, qui bénéficie d’une rémunération plus élevée dans le modèle économique. Pour plus d’informations, consultez la page consacrée aux aides au biométhane.
Calendrier et mise en œuvre
La période de signature des accords de concession s'est achevée en juin 2026 : chaque accord prévoit un délai d'environ deux ans avant la mise en service, l'horizon réel se situant aux alentours de 2028. Les procédures d’autorisation, le raccordement et la construction doivent être menés à bien dans ces délais, car tout retard peut entraîner la perte du soutien financier. Pour ceux qui n’ont pas d’accord, la rentabilité s’évalue en fonction des fondamentaux : garanties d’origine, marché du gaz renouvelable et comparaison avec le BIO-PMG.
Matrices et développement durable
La disponibilité, la continuité et la traçabilité des matières premières déterminent à la fois le rendement et l'accès à la catégorie du biométhane avancé, produit à partir de déchets et de sous-produits et mieux rémunéré. Il s'agit d'un point à régler avant l'investissement, car il influe sur le compte de résultat pendant toute la durée de vie de l'installation.
Business plan et valeur au-delà de la prime
La subvention, le tarif, les coûts d'exploitation et la valeur à long terme, des garanties d'origine au marché du transport, déterminent la bancabilité du projet. Nous élaborons et vérifions les comptes, car c'est ce qu'une banque ou un investisseur examine avant de s'engager, et parce qu'au-delà de quinze ans, il reste la valeur de marché du gaz renouvelable.
Quels sont les critères à prendre en compte pour prendre une décision ?
Au final, la conversion est-elle avantageuse ou non ? Voici quelques raisons fondamentales.
Avantage financier par rapport au BIO-PMG
Quel est le rendement d'une conversion par rapport au maintien du salaire minimum, sur un horizon de plusieurs années ?
Faisabilité financière
La solidité des comptes, des contrats et des couvertures qui rend le projet finançable.
Risque lié aux délais et à la déchéance
La probabilité réelle de respecter les conditions de l'aide sans perdre la prime.
Une valeur qui va au-delà de la prime
Ce qui reste après quinze ans : les garanties d'origine et le marché du gaz renouvelable.
D'après nos relevés
Comment nous vous accompagnons
Nous réalisons l'évaluation technico-économique de la conversion, nous vérifions la faisabilité et les délais et, si le projet est retenu, nous accompagnons sa mise en œuvre jusqu'à sa mise en service, en veillant au respect des conditions d'aide pour les titulaires d'un accord de concession, avec le même groupe qui a mené l'évaluation.
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Une première lecture de la conversion.
Décrivez-nous la configuration de votre installation : taille, matrices, distance par rapport au réseau de gaz. Nous vous répondrons par une première analyse technique et économique, en toute confidentialité, qui évaluera la faisabilité et la rentabilité de la conversion.